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À l’occasion de la sortie du treizième opus de la collection Villes Mobiles « Tout commence à Koudougou », de Philippe Quéméner et Michel Zongo la Galerie Net Plus propose une exposition rétrospective. Villes Mobiles est une collection publiée aux Éditions de Juillet. Elle révèle un regard sur des métropoles ou des villes emblématiques, et signe des rencontres entre des photographes et des auteurs. Il s’agit de livrer une vision intimiste, subjective, à l’opposé d’un guide touristique.

 

Villes Mobiles réunit un photographe et un auteur sur une ville qui leur est chère. Cette collection ouvre la porte du cœur, celle de l’intimité et du subjectif, loin des guides touristiques et des clichés.

Ces petits livres mettent en avant une pratique récente de la photographie : celle à laquelle les enfants de la grande famille des porteurs de Smartphones se sont tous essayés, celle qui pourrait faire de nous tous des photographes, si nous savions photographier…

Et c’est aussi tout l’intérêt des étapes de Villes Mobiles de nous montrer, par le filtre singulier du regard des artistes, que c’est toujours du bout de notre petite lorgnette que nous appréhendons le vaste monde, et que toutes les métropoles ne sont faites que de petits riens agglomérés.

Depuis 2012, les Éditions de Juillet ont publié 13 ouvrages dans cette collection, à raison de 2 ou 4 volumes par an. L’exposition réunie les couvertures des livres édités et cinq sélections d’images extraites de Seoul is watching me, de Denis Bourges et Laëtitia Guillemin, London Méridien Zéro, de Richard Voante et Jean-Baptiste Gandon, Good Morning Montreuil, de Jean-Fabien Leclanche et Johnny Montreuil, Tout commence à Koudougou de Philippe Quéméner et Michel Zongo (le petit dernier fraichement sorti) et en avant première, la série Kimberley Eurêka, de Patrick Tourneboeuf à paraître prochainement.

Vico de Seingalt

 

Les cinq séries exposées :

Tout commence à Koudougou, Philippe Quéméner et Michel Zongo

Depuis plus de 10 ans, Philippe Quéméner et Michel Zongo  partagent régulièrement du temps à Koudougou, ville située à 100 km à l’ouest  de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Michel y habite, Philippe est à Brest.  Ensemble, ils ont décidé de travailler à la réalisation d’un livre où viennent se confronter la vision d’un photographe, français, blanc, de passage, et celle d’un auteur, burkinabé, noir, à demeure.

A travers ses photos, Philippe Quéméner propose une recherche de points de repère dans l’apparent chaos de cette ville grouillante, au-delà de ce que voit généralement le blanc pressé. Il cherche à mettre des visages  sur cette Afrique « si loin, si proche », à montrer une Afrique active, au travail pour gagner son « tô » quotidien. Michel Zongo  lui répond par des textes courts, poétiques, politiques, humanistes.

Il raconte le quotidien du citoyen de la cité du Cavalier rouge. Il écrit son combat contre l’intolérance, l’indifférence. Il nous fait partager son désarroi vis-à-vis de l’esclavage moderne imposé par les Chinois, les Européens et les Africains eux-mêmes, à travers l’exploitation des enfants. C’est un plaidoyer pour un monde juste et humaniste.

Ensemble, ils font un portrait de cette ville rebelle, où même dans les  moments apaisés, l’on peut parfois sentir que le mécontentement couve toujours.

 *Tô : mélange de farine et d’eau, le tô est le plat national, servi sous forme de pâte de céréales accompagné d’une sauce.

 

Good Morning Montreuil, Jean-Fabien Leclanche et Johnny Montreuil

Good Morning Montreuil raconte sa ville avec tendresse et bienveillance par des portraits, des tranches de vies, des visages, des vieux murs, des parfums. Au fil des pages se déploie un travail riche et bienveillant mais sans concession, qui raconte autant qu’il ne montre la singularité et tous les paradoxes de Montreuil la ville monde ou 88 nationalités se côtoient.

Pendant 5 ans il a capté sa mémoire éphémère, les rides d’un bout de banlieue qui s’efface au fur et à mesure que la ville nouvelle transforme le territoire.  Montreuil est une rebelle et une ville de fiertés, ce petit livre à vivre en propose l’expérience. “J’ai commencé par photographier des murs, puis un jour j’ai mis des humains devant.” C’est par ces quelques mots que Jean-Fabien Leclanche aime souvent à se présenter.

Enseignant à La Sorbonne, spécialiste des nouveaux médias et des nouvelles formes de narrations, il s’est rapidement posé la question du pouvoir de l’image comme vocabulaire universel. Un travail au smartphone qui débuta très tôt, partagé sur les réseaux et finalement publié sous forme de livre au Éditions de Juillet en 2015.

 

London Méridien Zéro, Richard Voante et Jean-Baptiste Gandon

Une déambulation hors du temps dans un Londres empli de contradictions, entre puritanisme, avant-garde, rock’n’roll et excentricité.

Ville emblématique pour les amateurs de rock, de légendes urbaines ou encore de thé, Londres est, dans cet ouvrage, visitée avec le regard radical de Richard Volante et la plume alerte et un brin nostalgique de Jean-Baptiste Gandon.

Depuis une quinzaine d’années, Richard Volante multiplie les interrogations sur « la possibilité d’une ville », avec “Utilitza la llengua” à Barcelone, puis “Roter Oktober” sur Berlin, “Évita for ever” sur Buenos Aires et “Beirut to Nowhere”.

Parallèlement à ces rendez-vous urbains, il cultive son champ en variant les semailles et les expérimentations. Après “Versus » où il questionne sa pratique en mettant en regard images numériques et argentiques posant la question du temps dans l’acte photographique : de l’oubli à la révélation.

Il travaille pour la série “My Own Private Gound Zero” sur l’image dans l’image, ce qu’on y laisse et ce qu’on y soustrait ; le vide, l’absence. Cette série est proposée pour la première fois en 2015 par Les ailes de Caïus, à la Galerie Net Plus.

Actuellement, il poursuit un travail sur les “Habitants“ et leur rapport aux territoires, ce qui l’amène à créer des collectifs photographiques éphémères, avec lesquels il compose une carte en images de paysages habités.

Richard Volante est aussi le photographe invité par Les ailes de Caïus à participer à la première édition de « Images en Baie », résidence photographique dans la Baie du Mont-Saint-Michel. Son travail a fait l’objet, durant l’été 2017, d’un circuit d’expositions en plein air et l’édition d’un ouvrage avec le philosophe Michel Onfray.

 

Seoul is watching me, Denis Bourges et Laëtitia Guillemin

Une promenade instantanée dans les rues de Séoul, prises comme sous l’œil d’une caméra vidéo. Au gré des rencontres fortuites et des explorations urbaines, on découvre une ville sous surveillance électronique, ultra connectée et riche de traditions séculaires. Séoul est le la ville symbole des mutations technologiques comme corollaires des évolutions urbaines.

Inquiétant laboratoire des répartitions des sphères publiques et privées, elle nous renvoie l’image de ce que pourraient devenir les espaces publics de demain.

Cofondateur du collectif Tendance Floue en 1991, c’est dans les huis clos que Denis Bourges observe les sociétés. À ses débuts, il voyage en Inde, son terrain de prédilection, où il réalise plusieurs séries. Il part ensuite pour Jérusalem, où il interroge les cloisonnements, réels ou symboliques, qui divisent la ville. Puis il suit la dernière année d’activité professionnelle de son père, médecin de campagne en Bretagne.

Parallèlement, il travaille sur un ensemble intitulé “Entre deux mondes”, s’attachant à faire apparaître des univers qui cohabitent sans se voir. En 2013, il part à Los Angeles pour le City Guide Louis Vuitton où il rencontre des héros ordinaires. Il achève actuellement sa série “Usual heroes”avec une publication prévue en 2017 aux Éditions de Juillet.

 

Kimberley Eurêka, Patrick Tourneboeuf

« Vous venez pour le diamant ? » Pour avoir l’air, j’ai hoché la tête. La chasse a commencé. Sans morts ni trophée. À défaut de chercher le diamant, j’ai traqué son histoire. En quête d’empreinte, suis parti sur ses traces. Eurêka, la trouver. Par bribe, par éclat, par pépite.

Kimberley, une ville far West au cœur de l’Afrique du Sud. Un trou en surbrillance.

Patrick Tourneboeuf photographie les hommes à travers leurs espaces, investis ou abandonnés. Sa démarche, résolument plastique et systématique, retrace la présence humaine, dans des lieux qui en sont a priori privés.

À partir de 2003, il consacre une partie de son travail à la fixation des stigmates de l’Histoire. Trois séries photographiques s’attachent aux lieux de construction d’une mémoire : “Cicatrice”, sur les traces du mur de Berlin, “La mémoire du jour J”, sur les plages du débarquement en Normandie, et “Stèles”, sur les monuments aux morts de la Grande Guerre.

Parallèlement à ce travail fondé sur la précision et le temps compté de la chambre photographique, il accumule une vaste série d’images aux antipodes formels de sa démarche habituelle. Nommées par lui “les petits riens”, ces images, prises au Holga ou avec son téléphone, soumises à l’aléa et à l’accident technique, forment une histoire intime, exploration de l’inconscient du photographe lui-même, une forme d’antichambre de son travail.

Cofondateur du collectif Tendance Floue, il est représenté par la Galerie Mélanie Rio à Paris.

 

Trois questions aux Editions de Juillet

1.La photo au smartphone est la photo la plus pratiquée aujourd’hui. En quoi des professionnels vont-ils faire une photo différente de Monsieur et Madame Tout-le-monde ?

Le professionnel ou plutôt le photographe (je parle pour tous ceux qui ont une intention photographique) n'aborde pas le smartphone comme un simple appareil photo, mais comme un outil permettant de développer une nouvelle manière de photographier, à la fois intuitive, simple, permettant des possibilités esthétiques illimitées, ludiques, complètes dans le sens ou l'on peut maîtriser la photo de la prise de vue à la post-production, grâce entre autre à une multitude d'applications. On retrouve toutes les étapes de la pratique photographique : choix de l'objectif, de la pellicule, travail de laboratoire. Tout ça dans un simple téléphone.

2.Le smartphone a ses particularités. Deux semblent très importantes : avoir toujours sur soi un appareil photo, ne pas mettre l’appareil entre l’œil et le monde. Vous dites quoi de ça ?

Ça simplifie la vie de beaucoup de photographes qui avaient toujours un appareil photographique sur eux ! Pour les autres, c'est une véritable redécouverte de la photographie qui devient le médium le plus utilisé, avec ses avantages et ses inconvénients.

Il y a toujours l'œil, l'appareil et... une partie choisie du monde. Même si le smartphone propose de ne plus se cacher derrière un viseur et en fait de se faire oublier, il reste un outil qui, de toute façon, déconnecte son utilisateur de la réalité le temps de chaque prise de vue.

3.La collection s’appelle Villes Mobiles En quoi la photo au portable était-elle particulièrement urbaine ?

La prochaine fois que vous allez dans une ville, petite ou grande, arrêtez-vous cinq minutes à un carrefour et regardez... Le téléphone portable est omniprésent, c'est un outil aux multiples fonctions, familier, indispensable. C'est l'appareil photographique le plus discret qui soit, donc l'outil dont tous les photographes de rue ont toujours rêvé.

Voir sans se faire voir !
Martinet & Texereau, Résidence 7, graphite sur papier, 100x70,2019_2
27/02/2019

URBA/GRAPHIES ÉTRANGES ATMOSPHÈRES Martinet & Texereau

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