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Les coups de cœur de l'artiste

LE CHEVAL DE TURIN  de Béla Tarr.

D'une beauté âpre. Pendant six jours, les signes avant-coureurs d'un événement indéchiffrable. L'extinction du monde

WHITE GOD de KornélMundruczo.

Métaphore dénonçant un régime autoritaire

Les compositions d'Odile Verron-Ferron se saisissent de l'univers formel des outils métalliques

À travers ses peintures, elle invente un espacepicturalsingulier, où engins abandonnés et rangs de machines sont pris dans un processus d'étrangeté et deviennent de véritables objets de méditation.

Plein cadre, plein centre, elle peint des machines énormes, laissées dans la nature, abandonnées ou soigneusement rangées. "J'ai été, pendant longtemps, attirée par les paysages de friches, de zones industrielles désaffectées, là où la nature reprend ses droits sur une civilisation qui petit à petit s'efface."

Ses machines semblent s'interroger. En métaphore de l'homme, elles sont souvent représentées par un ciel bleu immatériel et implacable, sur un sol neutre et désolé.

Pour composer ses peintures, l'artistes n'hésite pas à se rendre sur des chantiers, ne concevant pas de peindre sans observer, pour obtenir un rendu le plus précis possible.

Les couleurs pures de ses tableaux, fabriquent une beauté figée et fascinante qui concentre le regard des spectateurs et constituent la signature d'Odile Ferron-Verron, maître du regard et du geste pictural

TROIS QUESTIONS À ODILE FERRON-VERRON

1.Pelles mécaniques et autres machines de chantier représentent votre univers pictural. Comment avez-vous eu l'idée de cette thématique ?

Par une rencontre fortuite ! J'ai été, pendant longtemps, attirée par les paysages de friches, de zones industrielles désaffectées, là où la nature reprend ses droits sur une civilisation qui petit à petit s'efface. Et un jour, au détour d'un chantier, je me suis rendu compte que les machines, ces carapaces pensantes, avaient quelque chose à nous dire sur nous-même.

2.En quoi les machines ont-elles à voir avec nous ?

Les machines semblent s'interroger. Elles sont d'une certaine manière une métaphore de l'homme. Je les représente souvent dominées par un ciel d'un bleu implacable, indifférent et sur un sol neutre, désolé : cela traduit bien leur vulnérabilité et leur questionnement sur l'existence. Le godet que j'ai peint pour la Fondation Colas se demande quel chemin il va emprunter dans le paysage infini qui l'entoure. Le champ des possibles est grand.

3.Familière des chantiers, quel regard portez-vous sur le monde des travaux publics ?

J'aime me rendre sur des chantiers car je ne conçois pas de peindre sans observer « mes » machines. Je veux un rendu le plus précis possible, elles doivent être capables de remplir leur fonction, même si je laisse, bien sûr, une part à la création. Pour moi, un chantier est comme un élan, une rencontre. On est happé ! S'ils sont intrigués, au début, les compagnons sont vite fiers du regard bienveillant et respectueux que je porte sur leur univers...

Diplômée de l'école de Beaux-Arts de Rennes, Odile Ferron-Verron vit et travaille à Noyal-Chatillon. Depuis 2004 elle a participé à plusieurs biennales d'art contemporain en région parisienne et à diverses manifestations artistiques en France, Suisse et Belgique.

Apprendre l'art
06/06/2019

BEAUX-ARTS 80 ANTONIUCCI - BOISLEVE - BRIGGS - DAULT - HAIRY - LE BOZEC

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