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Les coups de cœur de l'artiste

J'aime ce qui est ancré dans la réalité sociale... Dans la bande dessinée américaine par exemple, « Rusty Brown » de Chris Ware, sortie en novembre dernier ou les documentaires « The Nine » de Katy Grannan et « Swagger » d'Olivier Babinet. En photographie, le travail de Crewdson. 

La mélancolie des espaces

Les œuvres de Marie Vandooren interrogent notre rapport intime à la ville.

Dans ses peintures elle joue avec les échelles et les proportions à la manière d’un collage. Les espaces urbains deviennent des décors, abritant des personnages enfantins perdus dans leurs pensées. Peintures, collages, dessins et sérigraphies nous invitent à découvrir un univers plastique silencieux et nostalgique, nous rappelant notre propre enfance où nous voulions être à la fois l’urbaniste, l’architecte, le maçon... le créateur de notre monde imaginaire.

 

L'espace public et l’architecture occupent une place prédominante dans le travail de Marie Vandooren, artiste pluridisciplinaire. « J’aime interroger l’homme dans son environnement, ou comment en voulant créer la ville idéale il génère parfois des espaces inesthétiques et générateurs de contraintes » dit l'artiste. La photographie, la peinture, la sérigraphie et les installations sont pour elle autant de médiums qui l’aident à interroger les espaces habités et montrer au-delà, les dysfonctionnements et les contradictions de notre société. Depuis 2012, Marie Vandooren dresse un portrait de lieux insignifiants. Elle photographie les espaces traversés, ceux que l’on ne regarde plus car rendus invisibles par leur fonctionnalité et leur manque d’esthétisme et recense indéfiniment ces lieux, tel un album photo où personne ne pose, où rien n’est fêté et où rien ne se passe. En peinture, elle joue sur les proportions et les échelles. A la manière d’un collage, elle mélange les espaces pour ainsi créer un malaise dû au décalage des formes. En sortant des éléments de leur contexte, l'artiste recrée des décors, parfois habités par des personnages inexpressifs, parfois nus et désertés. En sérigraphie, elle repense l’espace urbain et le modifie de telle sorte qu’il perd son utilité première et devient un objet esthétisé sans plus aucune fonction : « je transforme ainsi l’existant avec un jeu de miroir inversé, créant des objets architecturaux défiant toute gravité ». Dernièrement Marie Vandooren travaillait sur des installations composées d’éléments de jouets pour enfant, ou de maquettes d’architecte. Sortis de leur contexte, ces éléments créent des petites scènes absurdes et mélancoliques. Une de ces installations est présentée à la galerie Net Plus. 

 

Née en 1976 à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), Marie Vandooren vit et travaille à Moisdon la Rivière (Loire Atlantique). Après un BAC arts plastiques au lycée expérimental de Saint-Nazaire, elle s’inscrit en Histoire de l’Art et archéologie à la Facultés de Nantes. Très vite attirée par les lieux collectifs artistiques, elle rejoint l’Usure de 1998 à 2000, atelier d’artistes à Nantes. Puis en 2000 après avoir travaillé dans une association d’insertion à Marseille, elle se tourne vers le travail social et accompagne des personnes sans domicile. C'est à ce moment qu'une réflexion autour de l’espace urbain va émerger. Entre 2009 et 2014 Marie Vandooren participe de nouveau à un projet collectif et artistique à Nantes : les Ateliers de Bitche, lieu de diffusion alternatif et espace de création. Elle y occupe un atelier et participe à l’organisation des différentes propositions d’exposition. Depuis 2014 je travaille à Moisdon la Rivière et pratique depuis 2019 la sérigraphie dans un atelier partagé à Nantes. Marie Vandooren est représentée par la galerie Gaïa à Nantes, la galerie Art Triberium à Clisson et la galerie Les Funambules à Vannes.