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Comme seul - Denis Orhant, Pascale Borrel, Bruno Di Rosa, Angélique Lecaille et Jérémy Le Corvaisier

A l’occasion de la dernière exposition de la galerie Net Plus et Les ailes de Caïus accueillent l’exposition « Comme seul », une carte blanche donnée à Denis Orhant pour constituer une exposition collective. Le peintre rennais a choisi d’inviter quatre artistes rennais à exposer avec lui, rassemblant des pratiques diverses et une rencontre entre leurs cinq univers.

 

Peinture et dessin se côtoient dans l’espace d’exposition, les figures représentées, à la fois présentes et absentes, semblent muées d’une solitude qu’elles partagent avec les artistes au moment de la création. Ces derniers pourtant, ne sont pas toujours seuls. Ils se connaissent, ils échangent, en amont ou en aval de leur travail. Les oeuvres elles-mêmes dialoguent les unes avec les autres. Ces univers entrent en résonance, se complètent, s’agacent, créant un ensemble précaire qui invite le spectateur à s’y promener.

Denis Orhant, en pensant l’exposition, a refusé de donner une thématique, une ligne directrice aux artistes invités. Pourtant lorsque l’on entre dans le lieu et qu’on commence à en faire le tour, quelque chose se dessine : une ambiance.

 

« Les peintures, les dessins sont là, sans négociation entre eux, c’est cela qui est intéressant. Ils se côtoient, peuvent être en vis à vis aussi. Le doré, la couleur, le noir se rencontrent. Les figures de différentes natures dialoguent. Cela se fait naturellement. »

 

LES ARTISTES :

Les cinq artistes vivent et travaillent à Rennes.

Du fait de leur métier, leur passion et leurs réseaux, ils sont impliqués dans la vie culturelle rennaise et installent aujourd’hui leurs œuvres à Cesson-Sévigné pour cette exposition. Si leurs questionnements sont bien différents, chacune de leurs pratiques fait écho à avec celle des autres, créant une synergie et de nouveaux dialogues.

 

Denis Orhant est à la fois peintre et enseignant au département Arts Plastiques à l’Université Rennes 2. Après avoir étudié la peinture à l’École des Beaux-Arts du Mans, il s’installe à Rennes pour continuer sa formation auprès de Pierre Antoniucci. Son art pictural pourrait s’apparenter à la technique du collage : « Des micro-scènes flottent sur des zones enduites d’un badigeon qui laisse transparaître vaguement des formes passées. Et des visages délicats et tronqués prennent place sur des corps, comme des greffes mal ajustées, comme des masques bizarrement incarnés. »2.

 

Pascale Borrel a fait le choix de limiter autant que possible la part personnelle. Les « dessins » sont réalisés avec des formes sans « intérêt », choisies au hasard et développées de telle sorte qu’elles prennent une position structurelle. Ce qui est recherché est la perte de la présence et l’affirmation de l’absence. De même, quand l’image représente un visage c’est un visage anodin, anonyme ; il n’a plus de limite, plus de contour, il ne reste plus que l’aplat d’une peau, d’un masque, d’une surface inexistante. Titulaire du DNSEP, Pascale Borrel a également une thèse en doctorat intitulée Neutre et est maître de conférence à l’Université Rennes 2.

 

Bruno Di Rosa, écrivain/plasticien, travaille avec des supports divers, de l’écriture à la photographie, du cinéma à la peinture. Cependant, la pensée qui traverse toutes ces œuvres est une volonté de se tenir constamment à la frontière du réel et de l’irréel. Chaque œuvre donne l’impression d’être ce qu’elle est, une peinture, un film, un poème, tout en laissant planer le doute par l’application à se plier au modèle. Pour l’exposition « Comme seul », Bruno Di Rosa s’inspire de la peinture d’icône, mais les madones et les saints sur fond d’or laissent place à des sans-abris, à des migrants qui dorment dans la rue, des cabanes abandonnées.

 

Angélique Lecaille, très impliquée dans la vie artistique de la métropole, a enseigné à l’Université Rennes 2 à l’école d’architecture et travaille chez Lendroit Éditions. Bien qu’elle ait une pratique diversifiée, ce sont ses paysages en noir et blanc et en grand format qui font sa marque de fabrique. S’appuyant sur des images médiatiques pour réaliser ses œuvres, l’artiste fait d’une photographie journalistique une œuvre mystique. Par son traitement, son intérêt pour les nuages, les montagnes, ou encore les ruines, elle dépasse l’image d’origine pour la rendre atemporelle, poétique, voire mythique.

 

Jérémy Le Corvaisier, né en 1981, a été illustrateur pour les Inrocks et auteur de bande dessinée. Il développe aujourd’hui un travail à la mine de plomb où l’étrange, les situations du quotidien se mêlent aux grandes compositions de peintres flamands ou classiques. Son univers en noir et blanc nous montre humains aux muscles bestiaux rappelant Conan le barbare et aux visages marqués par des traits épais. Son dessin est à la fois inquiétant et hypnotique, créant presque une mythologie.